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Les séances d’EMDR par téléphone

Public concerné:

  • Personnes ne pouvant pas sortir de chez elles: dû à leur maladie, handicap, angoisse, phobie…
  • Personnes expatriée désirant suivre une thérapie avec un thérapeute français
  • Etranger vivant en France
  • Personne vivant à plus d’une heure d’un praticien EMDR
  • Personne n’aimant pas se déplacer
  • etc.

Comment tout a commencé…

J’ai organisée un voyage en famille avec mes enfants pour plusieurs mois, j’ai arrêté mes consultations de psychologie et rendu mes deux cabinets. Je pensais reprendre mes consultations après mon voyage et ça ne s’est pas passé comme je l’avais prévu. Pour commencer l’envie de voyagé ne m’a plus jamais quitté. Par ailleurs, j’ai pris conscience que certains patients ont souhaité continuer le travail thérapeutique par téléphone. C’est comme ça que j’ai commencé à proposer à tous mes patients de continuer le travail par téléphone. Pour certains, c’était inconcevable de travailler à distance, ce que je comprends parfaitement. Pour d’autres, ça leur était complètement égal. Et à ma grande surprise pour les derniers, ça correspondait à un besoin non exprimé. Ils étaient très contents de procéder ainsi. Puis de nouveaux patients m’ont appelé et ont accepté de suivre la thérapie par téléphone. Ça s’est avéré être une excellente expérience pour eux comme pour moi. Si bien qu’aujourd’hui je ne travaille plus qu’en suivi par téléphone.

Les bénéfices d’une consultation par téléphone

Les consultations par téléphone en EMDR ont plusieurs bénéfices. Le patient est tranquillement installé chez lui, dans son environnement sécurisant, sur son canapé ou son fauteuil préféré. Il peut tapoter sur ses jambes ou ses bras tout en bougeant les yeux, en étant guidé par le professionnel . La proximité avec le patient est tout aussi bonne qu’en cabinet. Le suivi par téléphone peut être plus proche et plus intime pour certains. La relation est forte. On se concentre davantage sur la voix de l’interlocuteur et non sur son environnement, le cabinet, la décoration, le canapé, la fenêtre, la façon dont on est habillé. Tout ce visuel disparaît pour ne laisser place qu’à une voix « rassurante ». On est immédiatement dans le vif du sujet. 

Un autre point bénéfique est que, lorsque la personne est encore allongée, confortablement et en sécurité, elle peut s’apaiser toute seule suite à la séance. Le patient devient encore plus acteur de sa thérapie tandis que le praticien affine sa place de collaborateur plus en justesse. En cabinet, du fait de devoir stopper la séance au bout d’un temps précis, le patient doit arrêter. Alors qu’à son domicile, le patient qui le désire, peut continuer dans son élan. Combien de fois ai-je eu des patients en train de pleurer, ou en pleine crise émotionnelle en fin de séance en cabinet. C’est tout autant frustrant pour le patient que pour le psychologue. Si le psychologue ressent lui aussi qu’il serait bon que le patient continue et qu’il connait bien son patient, il n’y a pas de raison de ne pas continuer à s’apaiser. Au contraire, le patient est proactif, apprend aussi à mieux se connaître, se gérer et voir que tout seul il peut arriver à faire baisser ses angoisses. Une fois un patient m’a dit : «Je n’ai pas besoin d’attendre de voir mon psy tel jour, telle heure pour me calmer, je sais le faire tout seul en attendant la séance ». 

Par exemple, lorsqu’un patient est proche de terminer sur un point précis le travail entamé et que je sens qu’il peut continuer seul, je lui demande de me faire un topos par WhatsApp ou SMS, si c’est nécessaire. Ou alors de me faire une petite conclusion ou juste de mettre un chiffre entre 0 et 10, pour voir l’avancé. Ainsi il n’y a pas de frustration, le patient termine ce qu’il a commencé en suivant les indications que je lui donne. Si je sens que le patient est trop fragile pour aborder des thèmes tout seul, je lui explique et nous tombons d’accord pour le terminer ensemble. Cela varie d’une personne à l’autre. Tout ce passe très bien à chaque fois. C’est un travail collaboratif à distance.

L’EMDR ce n’est pas que des stimulations, c’est une investigation

Le fait de tapoter sur ses cuisses, ou faire des stimulations des yeux ou autre, fait baisser le stress. Clairement tout le monde peut essayer. En fait, tout le monde a déjà essayé. Il suffit de faire du sport et de voir combien ça nous calme. Ou faire le ménage, une vaisselle, une activité manuelle. Tout ce qui permet de faire des stimulations bilatérales. Résultat, ça calme. Ça fait du bien. C’est naturel. Et à mes yeux, c’est une grande découverte! Qui n’a pas entendu un sportif dire que le sport lui vidait la tête. Les stimulations font baisser le stress et ramène la paix.

Mais l’EMDR ne se réduit pas à faire ces stimulations. Le travail thérapeutique en EMDR est en fait un protocole en 8 étapes qui permet de soigner en profondeur. C’est tout l’art de cette thérapie, faire une recherche d’investigation très recherchée, par un professionnel aguerri. On se glisse dans la peau de Sherlock Holmes. Le protocole EMDR est le fruit d’un travail très précis et d’une très grande pertinence. Une investigation très poussée pour permettre au praticien de mettre le doigt sur le déclencheur et de guérir en profondeur. Le succès de l’EMDR résulte d’une bonne investigation et non pas seulement des stimulations des yeux ou autre. Comme les problématiques traitées par les patients sont pour la plupart inconscientes, seule cette investigation peut aider. C’est pour cette raison que les stimulations seules apaisent une personne, mais ne représentent en rien un vrai travail thérapeutique.

Ma maison, mon cocon

Parler au téléphone à son psy en étant dans son cocon, rapproche énormément. La relation entre le praticien et le patient est très proche. Un peu comme l’accouchement à domicile. Une femme qui accouche est dans une position de grande fragilité. Être dans un hôpital, entouré d’inconnus avec des néons blanc et vif au dessus de nos têtes n’a rien à voir avec le cocon de la maison. Même des sages femmes très gentilles et disponibles ne remplaceront pas la sécurité que l’on ressent chez soi. Idem, un patient est très fragilisé du simple fait de venir parler à un inconnu (au début) de faits hyper personnels. Même un cadre chaleureux et bien décoré, restera loin du cocon de sécurité que l’on ressent chez soi. Pour beaucoup de personnes cela représente un effort, alors que pour d’autres cela n’a aucune importance. C’est pour ceux pour qui cela représente un effort qu’il est important de savoir que l’on peut faire des séances par téléphone. 

De son domicile, le patient sait faire ses stimulations tout seul. Il est très facile de bouger les yeux comme en cabinet. Cela fait 11 ans que je pratique l’EMDR et je vois l’important de trouver des stimulations qui soient confortables. L’EMDR se base sur ces stimulations et je trouve très important de faire des stimulations agréables et facile à reproduire. Ça devient un automatisme auquel on ne pense plus, car on reste focalisé sur le sujet à traiter. En EMDR, on suit un protocole en plusieurs étapes. Lorsque le patient revit son traumatisme le but et l’intérêt est de stimuler les deux hémisphères. Je demande à mes patients de tapoter de la façon la plus simple qui soit et de stimuler leurs yeux de la façon la plus agréable et confortable. Je leur explique, et de leur côté ils valident le confort et la simplicité des stimulations. Tout ceci en étant dans la meilleure position, celle de leur choix. 

Qui est concerné par les séances par téléphone

Les phobies

Pour beaucoup de gens qui ont des phobies ou d’énormes problèmes pour se déplacer dans des lieux publics par exemple, la maladie les coupent du monde extérieur. Ces personnes doivent se motiver et se faire violence pour se déplacer et cela peut être une corvée d’aller voir le psy, pour se garer, conduire, affronter le regard des autres alors que c’est justement le travail à faire en thérapie. Beaucoup de phobiques n’ont pas accès à la thérapie car le simple fait de devoir s’y rendre représente pour eux un énorme effort dû à leur maladie. Il y a des tas de gens qui ne peuvent pas consulter car sortir de chez eux est trop difficile. Les séances d’EMDR par téléphone répondent aux besoins de beaucoup de « laissé pour compte ». C’est plus commode et confortable de rester chez soi pour ces cas là car ça ne demande aucun effort particulier.

Une séance EMDR peut fatiguer

Par ailleurs, il faut savoir qu’une séance d’EMDR peut laisser le patient complètement KO. Une séance d’EMDR peut être vécu comme un marathon. « Je ne sais pas si c’est dû au fait que je sois très émotive mais après chaque séance, j’ai beaucoup pleuré et je suis lessivée. Je n’ai plus aucune force » me disait une patiente. Lorsque j’avais un cabinet, certains patients avant de partir restaient dans la pièce à côté pour reprendre leurs esprits. Ils auraient probablement accepté de continuer les séances depuis leur domicile pour éviter de prendre la route si je leur avais proposé à l’époque. Ce n’est pas le cas pour tout le monde. Et la même personne peut vivre différemment ses séances suivant son niveau d’avancement, sa sensibilité etc.

Si par exemple, la personne a vécu un traumatisme et qu’au début des séances elle est très marquée, elle sera très certainement KO à la fin de la séance. Il serait tout à fait adapté et envisageable dans ce cas de rester à son domicile pour vivre ces moments qui sont de vrais rodéos émotionnels. En revanche au bout de quelques séances, la personne ne sera plus autant touchée par son traumatisme puisqu’elle aura été traité en EMDR et sera donc moins fatiguée. Mais il y a des personnes qui sont tout le temps fatiguées après une séance. Certains de mes patients à qui j’ai proposé de revenir en cabinet après avoir vécu ces moments de rodéos émotionnels ont préféré continuer par téléphone. Le patient trouve tellement plus confortable d’être chez lui qu’il n’est plus du tout envisageable pour lui de revenir au cabinet.

La distance

Il y a également la problématique d’habiter loin d’un psychologue. Être à la montagne, habiter en pleine campagne. Des fois il faut faire plus d’une heure de route pour faire ses séances, une fois par semaine. J’ai aussi des patients résidants à l’étranger qui sont confrontés à l’impossibilité de consulter un psychologue suite à la difficulté de s’exprimer dans une autre langue ou trop en décalage par rapport aux us et coutumes locaux. J’ai aussi des patients étrangers en France qui se déplacent beaucoup et ne peuvent assister de façon répétitive à des séances en présentiel. Ainsi, peu importe où ils se trouvent, on peut suivre la thérapie.

Conclusion

Pour conclure, il faut savoir que l’EMDR est une thérapie qui a fait ses preuves scientifiquement. On guérit les gens. Le livre « Guérir » de David Servan Schreiber explique tout le processus de cette incroyable thérapie. La fameuse étude sur les vétérans du Vietnam a fait connaître au grand public l’EMDR et Francine Shapiro. Les vétérans ont vécu de grands traumatismes durant cette guerre. Au bout de 3 séances en EMDR, 80% d’entre eux n’avaient plus de troubles liés à cette guerre et pouvaient reprendre une vie normale. Aussi, l’étude d’un médecin Italien Marco Pagani montre la guérison en direct via un électroencéphalogramme. (lien vers l’émission https://pages.rts.ch/emissions/36-9/4200994-emdr-la-therapie-qui-chasse-les-demons.html?anchor=4304857#4304857). On voit dans le cerveau que les régions sollicitées, le système limbique (cerveau des émotions), l’amygdale et les noyaux centraux (cerveau des sensations et de la peur) lors du traumatisme, en fin de séance, ne le sont plus du tout. De nouvelles zones du cerveau s’activent dans les parties supérieures, qui ne sont plus liées aux peurs et aux émotions. Cela signifie, que lorsque le patient pense à l’évènement, il est serein et sans émotions. Ça ne le touche plus, il a digéré l’information et peut reprendre sa vie en main. 


http://laurencegoutelle.fr


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