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Faut-il Dédramatiser Ou Entrer Dans Le Drame De L’autre?

Faut-il dédramatiser ou entrer dans le drame de l’autre?

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(Lisez jusqu’à la fin pour voir l’exercice)

Un déni collectif

Depuis longtemps, nous avons appris (ou plutôt désappris depuis des siècles à ne plus écouter notre nature profonde. Le constat est que nous sommes dans le déni de notre nature profonde. Et nous avons contrarié, tordu, contorsionné notre nature mammifère. Lorsqu’un oiseau sort de sa coquille, sa programmation génétique va lui faire adopter des comportements innés. Ainsi il va toquer sur sa coquille pour la briser, puis il va s’en extraire. Et tous ces comportements se font de manière naturelle puisque c’est inscrit dans le code génétique. Idem pour les tortues. Elles sortent de leur coquille et se lancent dans un sprint de plus 100 mètres jusqu’à la mer. Tout ça sans réfléchir, sans se poser de question, c’est inné. 

Il est temps d’exprimer ses émotions librement.

Les humains sont des mammifères. Nous nous distinguons des autres mammifères par une autre forme d’intelligence. Mais nous sommes surtout semblables en plusieurs points des autres espèces. Il est inscrit dans nos gênes l’histoire de notre espèce. Nous possédons des capacités cognitives et affectives. Nous avons une capacité incroyable qui se traduit par le simple fait de ressentir une émotion. Ceci est tellement naturel que nous ne prenons pas conscience de la richesse et de la valeur de ce pouvoir.

Nous ressentons principalement deux émotions l’Amour et la Peur. A ceci s’ajoute en sous catégorie, l’Envie, la Colère et la Tristesse. Et encore en sous catégorie une quantité innombrable d’émotions (voir échelle des émotions dans “les outils » sur laurencegoutelle.fr). A tout cela s’ajoute un autre pouvoir qui est celui de ressentir ce qu’un congénère ressent et de rentrer en Empathie avec lui et/ou d’être compatissant.

Alors pourquoi les humains ont-ils mis en avant les capacités cognitives au détriment des capacités affectives? Comment l’humanité en est-elle arrivée là ? Est-ce que l’on peut répondre à cette question par le fait de la domestication de tous les mammifères ? Nous avons réussi à contrarier la nature profonde de certains animaux domestiqués. Avons-nous aussi été domestiqué au point de perdre l’essentiel ? Ce sont des questions qui peuvent être soulevées. 

Ce n’est pas bien de ressentir, c’est une faiblesse.

Malheureusement ce pouvoir extraordinaire de ressentir ce qu’un autre ressent est depuis longtemps devenu de la mièvrerie et du sentimentalisme à l’eau de rose. On ne donne pas d’intérêt à ce que l’on ressent, au contraire. Et il faut être fort. Celui qui ressent ses émotions fait perdre du temps à l’autre. De ce fait, on nous apprend à ne plus être l’humain mammifère. On nous apprend à être froid, à ne plus ressentir, à garder nos distances, à prendre les émotions comme une faiblesse, un manque d’intelligence, un manque de caractère, de personnalité. Et tout un tas de choses associées à du négatif. On se robotise. Nos émotions sont inadéquates dans cette société. C’est un mal à faire disparaître à faire taire, au lieu d’être un bien fondé.

Jean LIEDLOFF une américaine née dans les années 20, est parti dans les années 40 telle une grande aventurière, vivre auprès d’une société dite primitive en Amérique Latine. Dans son livre « Le Concept du Continuum » elle parle de cet homme qui a souffert le martyr après s’être fait arracher une dent à vif. Ceci devant toute la tribu. Il n’éprouvait aucune gêne à montrer ses émotions devant tout le clan. Il s’est réfugié comme le font nos enfants, sur les genoux de sa femme pour pleurer. Dans cette société, explique l’auteure, il est admis et normal d’avoir des émotions et de les exprimer librement. Dans notre société, aucun homme ne pourrait pleurer librement sans avoir un regard rempli de jugement. “Un homme, ça ne pleure pas »! 

N’est-ce pas nous déposséder de ce merveilleux pouvoir qu’est le simple fait de vivre nos émotions?

Et si vivre nos émotions était en réalité quelque chose d’important pour notre évolution, pour devenir meilleur ? Et si, empêcher l’expression des émotions, nous rendait plus haineux, plus nerveux, plus ingérable. La vie est rythmée d’épreuves, de joies, de situations à gérer. La vie n’est facile à vivre en générale pour personne, sauf que pour une situation similaire une personne sera dévastée et l’autre prendra les choses avec du recul. Pourquoi ? Et bien nous sommes de plus en plus nombreux à penser mais surtout à observer qu’un enfant accompagné dans ses émotions, avec l’autorisation de les exprimer gère mieux ses émotions en étant adultes. 

Et si au contraire, on rentrait dans le drame plutôt que de dédramatiser? 

Mon expérience aussi bien dans mon cabinet que dans ma vie privée m’a montrée qu’une personne accompagnée dans son drame dédramatise toute seule justement parce qu’elle est accueillie. Ecouter une personne dans l’émotion sans parler, c’est faire preuve de compassion. La compassion c’est la guérison de l’âme. La compassion est le plus grand acte d’Amour que l’on puisse offrir à une personne dans l’émotion. Et la compassion est un acte d’amour envers soi-même également.

Comment vous sentez-vous lorsque vous avez aidé quelqu’un? Super bien! Ça nous remplit de joie et de puissance, ça fait monter nos vibrations. A l’inverse, quand notre aide est vaine et inutile, ça nous plonge dans un sentiment profond d’impuissance et ça fait baisser nos vibrations. Nous en sommes capable, c’est inscrit dans notre nature mais l’on nous désapprend à être compatissant, considérant cette attitude comme étant un comportement inadapté dans notre société. Compatir, c’est rentrer dans le drame de l’autre, c’est l’écouter, c’est le reconnaître intégralement dans ce qu’il est en train de vivre. La personne accompagnée se libère, entendue, écoutée, reconnue, aimée, elle guérit sous nos yeux.

Donald Neal Walsh dans « Conversation avec Dieu » parle des 5 émotions principales issues de l’Amour ou de la Peur. Il explique très clairement que si ces émotions ne sont pas exprimé, entendu, reconnu et accompagné l’émotion en question se transforme. Comme si une émotion dégénérait si elle n’était pas exprimée. Il dit que l’Envie non exprimé devient de la Jalousie, la Peur de la Panique, l’Amour de la Possession, la Tristesse de la Dépression et la Colère de la Haine. Ces émotions transformées seraient des caricatures exacerbées de l’émotion naturelle qui elle n’a rien de trop exagéré. Elle a juste sa propre raison d’être.

Lorsqu’on pleure, on est soulagé.

Dans cet article je tente de remettre les émotions au goût du jour et de leur rendre leurs lettres de noblesses. Dans mon cabinet, mes patients, hommes y compris, pleurent devant moi. Ils savent qu’ils ne seront pas jugés. Et que se passe-t-il quand ils pleurent ? Ils se libèrent. Et ils sécrètent des molécules endorphines tout comme lors d’un immense effort physique que l’on peut trouver en faisant du sport.

Lorsqu’on pleure, on est soulagé. On touche le fond, le moment est à la fois dure et à la fois une délivrance d’une douleur préalablement porté comme un fardeau. Notre corps est une machine incroyablement complexe et bien faite. De plus, grâce à nos émotions on peut s’auto réguler, s’auto guérir, libérer des tensions et se réajuster, se rééquilibrer en permanence dans nos émotions, nos sensations et nos humeurs. En conséquence, nous sommes fait comme ça, il n’y a rien de mal ni rien de bien d’ailleurs.

La nature de l’Homme est d’être emphatique

Que se passe-t-il ou plutôt que devrait-il se passer lorsque un autre congénère est présent lorsque l’on vit une émotion ? Et bien nous devrions naturellement être emphatique, se mettre à la place de l’autre et être compatissant. C’est le cas pour beaucoup d’entre nous mais c’est tout l’inverse pour une grande majorité. Nous n’avons pas le droit de pleurer, d’avoir peur, d’être en colère, de désirer à haute voix, ou pire d’être heureux et joyeux. Il est très adapté socialement d’être discret et agréable. Et si possible de ne rien laisser passer en émotions pour ne pas être taxé de marginal ou de mauvais caractère … Il ne faut pas faire de vagues.

Sauf que les gens souffrent énormément en réalité de ne plus pouvoir être de vrais Humains, libre de vivre leurs émotions sans jugement, dans leur comportement génétiquement programmé. Ainsi lorsqu’une personne ou un enfant vit une émotion “il faut impérativement Dédramatiser”. Il semblerait que ce soit une question de vie ou de mort, “vite, vite” il faut ramener la personne ou l’enfant à la raison en niant intégralement ce qu’elle ressent. Pour un enfant qui tombe et se fait mal il faut faire comme si on ne l’avait pas vu, on est dans le dénie de ce qu’il vient de vivre, qu’il se soit fait mal ou pas, c’est le même traitement.

Car si on reconnaît l’enfant, il va pleurer et ce sera ingérable, alors on étouffe le feu au maximum. Si une personne vient à se plaindre auprès d’un autre adulte, l’adulte qui écoute ne peut absolument pas s’empêcher de donner des conseils et de le faire relativiser au plus vite, d’essayer d’éteindre l’émotion comme si un feu allait se propager à la vitesse d’un vent violent. Il faut vite l’écraser, la faire taire, l’éteindre, voir l’anéantir. Il serait temps d’exprimer ses émotions librement, n’est-ce pas?

Et si l’on rentrait dans le drame plutôt que de dédramatiser? 

Mon expérience aussi bien dans mon cabinet que dans ma vie privée m’a montrée qu’une personne accompagnée dans son drame dédramatise toute seule. Justement parce qu’elle est accueillie. Ecouter une personne dans l’émotion sans parler, c’est faire preuve de compassion. La compassion c’est la guérison de l’âme. La compassion est le plus grand acte d’Amour que l’on puisse offrir à une personne dans l’émotion. Nous en sommes capable, c’est inscrit dans nos gènes c’est notre nature profonde mais l’on nous désapprend à être compatissant, considérant cette attitude comme étant un comportement inadapté dans notre société. Compatir, c’est entrer dans le drame de l’autre, c’est l’écouter, c’est le reconnaître intégralement dans ce qu’il est en train de vivre. La personne accompagnée se libère, entendue, écoutée, reconnue, aimée, elle guérit sous nos yeux. 

Comble de tout, la personne qui écoute et accompagne, guérit l’autre. En étant compatissant, elle se voit vivre un état de puissance et de bien être. Elle aide. Comme je l’explique sur mon site lechemindelaliberation.com, aider fais du bien! Aider fait du bien à celui qui reçoit l’aide mais aussi à celui qui aide. Aider fait monter son taux vibratoire, son sentiment d’Amour et son bien être. A l’inverse, lorsque l’on n’écoute pas la personne et que l’on essaye de lui donner des solutions à son problème, l’autre se vexe, se fâche et rentre dans des émotions exacerbées. Celui qui pensait aider ressent un profond sentiment d’impuissance. 

Exercice

Pour terminer cet article je vous propose de faire des exercices chez vous et de vous entrainer. Etes-vous empathique et êtes vous compatissant avec vos proches. 

Je vous propose ici de vous exercer. Ca ne va pas être facile du premier coup mais entrainez-vous et vous verrez des résultats très rapidement. 

-Avec votre compagnon: 

quand votre compagnon ou compagne vit une émotion, au lieu de vous énervez, essayez de rentrer dans son émotion pour l’accompagner et le/la soutenant. Avec des mots compatissants, tout devient possible. Dites lui « c’est pas facile », « courage »… et répétez que ce n’est pas facile avec un vrai regard qui compatit à ce qu’il est en train de vivre. Puis ne dites plus rien, juste être là, en avouant ce n’est pas facile. Observez comme vous faites du bien!! 

-Avec vos enfants: 

des mots que les enfants aiment entendre quand la vie est dure, c’est: c’est pas facile d’avoir 6 ans, ou 8 ans. etc… 

Tous ces accompagnements sont possibles si vous n’êtes pas dans la bagarre. 

Par exemple si votre enfant ou votre mari rouspète car vous lui reprochez quelque chose, et bien vous ne pourrez rien faire pour le calmer. Sauf vous excusez de l’avoir mis dans cet état. 

Si votre mari ou votre enfant vit une émotion qu’il ramène de l’école ou du travail là vous pouvez l’aider. Juste de la compassion ni plus ni moins. C’est pas facile. C’est terrible, ce qu’ils t’ont fait. Je suis désolée pour toi. Voilà des petits mots qui aident l’autre à évacuer son émotion et passer à autre chose. 

Pour de plus ample renseignements vous pouvez visiter mes blogs laurencegoutelle.fr et lechemindelaliberation.com

Pour une prise de RDV en thérapie EMDR vous pouvez me joindre dans contact sur laurencegoutelle.fr


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